Algérie
Données Régionales

L’Algérie est un vaste pays qui couvre une superficie de plus de 2 300 000 Km2. Sa population s’élève actuellement à 31,5 Millions d’habitants. Le taux de croissance démographique qui était très élevé dans les années 80-90 est en nette régression et ne s’élève plus qu’à 1,43 %. Cette population est par ailleurs inégalement répartie, puisque 4 % du territoire Nord abrite quelques 65 % de la population globale. Cette répartition spatiale de la population et le fort taux d’urbanisation qui a atteint ces dernières années un niveau de 61 % ont engendré de fortes pressions sur l’environnement, en particulier dans le nord du pays.
Dans le Rapport sur l’Etat et l’Avenir de l’Environnement (RNE) établit en 2000 et dans lequel un profond diagnostic de la situation environnementale a été effectué, il ressort que l’Algérie vit une crise écologique sévère : Dégradation du cadre de vie, intensification de pollutions diverses, prolifération des déchets urbains et industriels, gestion inadéquate des déchets, etc. Les dommages liés à la dégradation de l’environnement engendrent un coût élevé estimé à environ 7% du PIB de 1998. C’est ainsi qu’en l’absence d’une stratégie cohérente et efficace, la gestion des déchets ménagers n’était pas maîtrisée et ne répondait nullement aux normes universellement admises et ce malgré l’adoption dès 1983 de toute une panoplie de textes juridiques. Sur le terrain cela s’est traduit par l’apparition des milliers de décharges sauvages et dépotoirs. Pour des raisons diverses, les Collectivités Locales n’arrivaient pas à assumer leur responsabilité et assurer la propreté des villes.
Devant cette situation une stratégie nationale a été adoptée par le gouvernement. Comme instrument de base pour la définition et le suivi de cette nouvelle politique environnementale, l’Algérie a alors élaboré en 2002 un Plan National d’Actions pour l’Environnement et le Développement Durable (PNAE-DD). Le PNAE-DD propose une vision du futur qui engage l’Algérie à investir dans un développement écologiquement durable. L’amélioration de la santé publique et de la qualité de vie du citoyen constitue un objectif central du PNAE-DD. Dans ce contexte, la mise en place d’une gestion saine et intégrée des déchets municipaux constitue une priorité et une urgence.
L’amélioration de la gestion déchets a impliqué la mise en œuvre de mesures institutionnelles et d’accompagnement ainsi que des investissements prioritaires. La récente loi 01-19 du 12 décembre 2001 relative à la gestion, au contrôle et à l’élimination des déchets constitue à cet égard le point de départ et la référence de cette nouvelle stratégie. Le Programme National pour la Gestion Intégrée des Déchets Municipaux (PROGDEM) élaboré par le Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement (MATE) constitue quand à lui le prolongement de cette loi et le cadre de sa mise en œuvre.
Le PROGDEM (2001-2004) qui est en cours de réalisation, vise à éradiquer les pratiques actuelles de décharges sauvages et à organiser la collecte, le transport et l’élimination saine et écologiquement rationnelle des déchets et la valorisation des déchets recyclables. Il concerne dans un premier temps les 40 grandes villes du pays. Dans ses grandes lignes, le PROGDEM retrace le rôle central des Collectivités Locales, le principe de pollueur- payeur, le principe de prévention et réduction des déchets à la source et le rôle de la sensibilisation- information, éducation et formation.
Depuis son lancement, plusieurs réalisations ont été effectuées. La loi 01-19 de 2001 relative à la gestion, au contrôle et l’élimination des déchets est mise en œuvre et les Collectivités locales s’y adaptent progressivement. L’Agence Nationale des Déchets est mise en place ; elle permet de disposer d’un instrument adéquat pour apporter aux Collectivités Locales l’assistance technique nécessaire à la mise en œuvre des plans de gestion des déchets. Par ailleurs le système national de reprise, de recyclage et de valorisation des déchets d’emballage dénommé ECO-JEM, qui permet la prise en charge d’une partie importante des déchets recyclables, a été institué.
Dans sa phase prioritaire, le PROGDEM a aussi permis l’établissement de plans directeurs de gestion des déchets urbains pour 22 grandes villes. Sur les 40 centres d’enfouissements techniques prévus jusqu’à 2004, les travaux d’aménagement sont très avancés pour 21 villes.
Le financement initial des infrastructures et équipements inhérents à la gestion des déchets est assuré sur budget de l’état (Programme de Relance Economique 2001-2004) et dans certains cas sur le Fonds Commun des Collectivités Locales (FCCL). Les investissements consentis par l’état dans le cadre du PROGDEM s’élèvent à 14,5 Milliard DA, soit environ 170 millions de USD. Pour cet ambitieux programme, la contribution et la participation des pays partenaires de l’Algérie et des bailleurs de fonds nationaux et étrangers (Dons, Prêts Banque Mondiale, etc.) est aussi mise à profit.  Dans l'avenir, les collectivités locales sont toutefois appelées à prendre elles-mêmes en charge toutes les dépenses liées à la gestion des déchets solides qui relèvent de leur responsabilité. Pour améliorer graduellement la situation, le montant de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères qui existe depuis longtemps a été relevé en 2002. Cette taxe est prélevée en même temps que l’impôt foncier. Son recouvrement est très faible et même avec un recouvrement total, elle reste insuffisante et ne couvre au mieux que 20 à 30% du budget dépensé par les communes pour la gestion actuelle des déchets solides. Il est par ailleurs difficile d’estimer les coûts et les budgets dans les collectivités locales. Ces dernières qui n’ont pas les compétences ne mènent en général pas une comptabilité séparée. On estime toutefois que la collecte et l’enlèvement des déchets reviennent à environ 1500-2000 DA/tonne.
L’Algérie a accumulé aussi un retard important dans la gestion des déchets industriels et spéciaux. Ce n’est qu’en 2003 qu’un Plan National de Gestion des déchets spéciaux a été élaboré. Un cadastre national des déchets spéciaux a été réalisé et des études sont en cours pour la réalisation de 2 centres d’enfouissement technique pour déchets spéciaux.
Les activités de recyclage/valorisation ne sont pas très développées et ce bien que le potentiel de matières recyclables soit important (environ 760000 T/an). Avec la mise en place récente du système national de reprise, de recyclage et de valorisation des déchets d’emballage ECO-JEM, ce secteur est appelé à se développer. La participation du secteur privé dans la gestion des déchets est pratiquement absente en Algérie. On note certes des activités informelles de récupération anarchique de déchets recyclables au niveau des décharges publiques qui alimentent un marché parallèle mais qui restent limitée au vue de l’énorme gisement existant.
 Aussi, les autorités ont décidé de promouvoir les dispositifs incitatifs pour stimuler la participation de ce secteur (création de microentreprises) dans les activités liées à la gestion des déchets. Sous formes de contrats ou de concessions les activités de collecte, d’exploitation de décharges, de recyclage, de tri et de compostage peuvent faire l’objet de sous-traitance. Le Fonds National de l’Environnement et de Dépollution (FEDEP), l’Agence Nationale des Déchets (AND) et les Agences Nationales de Soutien à l’Emploi des Jeunes (ANSEJ) et de Développement de l’Investissement (ANDI) sont appelés à apporter leur concours dans le soutien et la mise en œuvre de projets viables.
Pour élever le niveau de civisme et développer un comportement éco-citoyen, le pays s’est engagé ces dernières années dans d’importantes campagnes de sensibilisation. Les ONG’s activant sur le terrain de la sensibilisation sont soutenues par les autorités.
Une nouvelle structure, le Conservatoire Nationale des Formations à l’Environnement, est chargée entre autre d’initier et d’animer diverses actions de sensibilisation. Pour investir sur le long terme, l’éducation environnementale est introduite progressivement dans le cursus des écoles fondamentales et secondaires. Au niveau local, les grandes communes commencent à mettre en place des cellules environnementales qui s'attelleront à promouvoir les actions de sensibilisation.
En conclusion, la gestion des déchets ménagers en Algérie se pose encore avec acuité. Le gouvernement algérien, conscient que le secteur des déchets solides recèle de nombreuses opportunités pouvant engager son développement sur une base durable, a montré sa volonté politique pour doter le pays d'un système de gestion sain et performant. Le secteur des déchets et l’amélioration de la qualité de vie constituent actuellement un axe de travail prioritaire des autorités. Pour instaurer une gestion intégrée des déchets solides, il apparaît nécessaire d’optimiser le système de collecte, de prendre des mesures d’assainissement des décharges sauvages, d’assurer une exploitation correcte des centres d’enfouissement techniques qui sont en cours de réalisation et de s’engager comme cela se fait dans d’autres pays dans la délégation de service.
Une des priorités à engager consiste en la mise en place d’un système performant de recouvrement des coûts. Par ailleurs, le calcul réel des coûts et leur rationalisation sont nécessaires pour optimiser le fonctionnement des services et faciliter les procédures de privatisation. Un renforcement des capacités humaines y est nécessaire. D’une manière globale, les Collectivités Locales doivent à court et moyen terme renforcer leurs capacités de gestion pour assurer la pérennité des investissements.
Pour plus d’informations veuillez consulter le rapport ci-attaché [...] |